Depuis aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours aimé le bricolage, l’artisanat, créer avec mes mains. Je ne me suis jamais vraiment demandé pourquoi j’avais besoin de créer avec mes mains.
C’était là avant même que je sache le nommer. Avant que ça devienne un métier, un projet, une identité à expliquer. C’était simplement une évidence.

Enfant, je construisais. Je dessinais. Je bricolais. Je transformais ce que j’avais sous la main. Les Lego, les Barbies, le papier, les retailles de bois de mon papa, la peinture. J’aimais créer du beau, agencer les couleurs, assembler, construire, beaucoup plus que jouer.

Avec le temps, les médiums ont changé, mais le geste est resté.
Le coloriage est devenu illustration.
Le bricolage est devenu couture.
La peinture est devenue murale, rénovation, transformation d’espaces.
Le besoin, lui, n’a jamais disparu.

Créer avec mes mains, ce n’est pas produire.
Ce n’est pas cocher une tâche.
Ce n’est pas “faire quelque chose d’utile”.

C’est vital.

Quand je couds, je réfléchis autrement. Quand je dessine, je me calme. Quand je peins, mon corps se dénoue. Mes mains savent parfois avant ma tête. Elles avancent, testent, corrigent, recommencent. Elles me ramènent dans le présent, là où tout devient plus simple, plus doux.

Longtemps, je me suis demandé pourquoi je n’arrivais pas à me satisfaire d’un seul médium. Pourquoi j’avais toujours envie d’explorer autre chose. De commencer un nouveau projet. Pourquoi passer du tissu au crayon, du mur à la poupée, du bois au papier. J’ai cru, longtemps, que c’était un manque de constance, un défaut, une incapacité à me concentrer.

Avec le recul, je comprends que ce n’est pas une dispersion.
C’est une continuité.

Tout ce que je crée parle le même langage, même si les formes changent. Le toucher, la douceur, la lenteur, l’attention au détail, le respect de la matière. Le fil répond au dessin. Le dessin nourrit la couture. La peinture inspire les motifs. Rien n’est séparé.

Créer avec mes mains, c’est aussi une manière de me réguler. De me retrouver quand le mental prend trop de place. Quand tout devient flou, trop bruyant, trop intense. Le geste m’ancre. La matière me rassure. Elle ne demande pas d’explication. Elle demande juste d’être touchée, travaillée, écoutée. Quand je dessine, couds, construit quelque chose, mon cerveau qui bouillonne se calme, se détend. Ça me fait un bien immense.

Je n’ai jamais créé pour impressionner.
Je crée pour moi.
Pour ressentir, pour faire du beau, pour me faire plaisir.

Aujourd’hui, avec ME Desygn Studio, je vois enfin ce fil invisible qui reliait tout depuis le début. Les poupées, les tissus, les illustrations, le design d’espaces, les objets doux, ce ne sont pas des projets séparés. Ce sont différentes façons de parler la même langue. Une langue faite de mains, de cœur, de patience.

Créer avec mes mains, depuis toujours, ce n’est pas un choix que j’ai fait.
C’est quelque chose que je suis.

Et peut-être que toi aussi, si tu ressens cet appel constant à faire, toucher, transformer, ce n’est pas parce que tu es dispersée. Peut-être que c’est simplement ta façon à toi d’habiter le monde.


Anne-Marie
ME Desygn Studio

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